Hygiène / Biosécurité

Les GDS d’Aquitaine,  par le biais de FARAGO Sud-Ouest – filiale des GDS d’Aquitaine, du Gers, des Hautes-Pyrénées et de la Chambre d’Agriculture 64 – s’investissent dans le domaine de l’hygiène en élevage depuis plusieurs années.
Aujourd’hui, avec la succession des crises sanitaires (fièvre catarrhale, grippe aviaire, …), la persistance de certaines maladies comme la tuberculose et un contexte économique difficile, il est important de mettre l’accent sur la prévention. Au-delà des mesures de protection habituelle (gestion des achats, voisinage, …), il est primordial de mettre en œuvre toutes les mesures de protection des élevages vis-à-vis de l’introduction de nouveaux agents infectieux pathogènes pour les animaux. On parle  de biosécurité en élevage.

Qu’est-ce qu’une biosécurité efficace ?

  • Diminuer la charge infectieuse (= dépistage / élimination / désinfection).
  • Diminuer les probabilités de contact avec les pathogènes.
  • Accroître les capacités de l’animal à combattre une infection (=immunité).
L’important en termes de biosécurité en élevage est de déterminer les principaux facteurs de risque.

Principaux facteurs de risque

  • Introduction d’un animal.
  • Risques de voisinage :
    • Contact entre troupeaux.
    • Contamination par l’air.
    • Contamination par l’eau (abreuvement dans des mares, ruisseaux).
    • Liés au matériel en commun (bétaillères, épandeurs, vêleuses…).
  • Risques généraux :
    • Liés aux mouvements de personnes (intervenants en élevage ou autres visiteurs).
    • Liés à la prolifération de rongeurs (risques leptospirose, salmonellose, puces, tiques) ou d’oiseaux.
  • Risques Faune Sauvage :
    • Les blaireaux et les sangliers constituent les espèces les plus à risque et en particulier dans le cas de la tuberculose.

Ces facteurs de risques n’ont pas tous la même importance.

RISQUES MAJEURS
  • Introduction d’un animal sans maîtrise du transport
  • Contact physique entre troupeaux
  • Eaux d’abreuvement à risque (ruisseaux, mares,…)
  • Prêt de matériel non désinfecté en contact avec les animaux
  • Accès de la faune sauvage et rongeurs aux ensilages et bâtiments
RISQUES IMPORTANTS
  • Épandage de fumier non composté
  • Absence de mesures adaptées pour les visiteurs en contact régulier avec des animaux
RISQUES MINEURS
  • Contacts chevreuils, sangliers

Moyens d’actions

1 – Pour limiter le risque lié à l’introduction d’un animal

Une des causes majeures de l’infection d’un cheptel reste l’introduction d’un animal infecté (1/3 des foyers tuberculose dans le 24 ont pour cause l’introduction).

Points importants :
  • Privilégier le transport direct
  • Faire réaliser les contrôles chez le vendeur (si le transport est direct)
  • Réaliser les contrôles adéquats (BVD, néosporose, paratuberculose, tuberculination, agalactie – cf. supra, tableau contrôle à l’achat)
  • Réaliser une quarantaine (au moins 4-5 jours ou attendre le retour des résultats des analyses)
  • Proscrire les prêts de taureaux
  • Être vigilant sur les prises en pension de génisses en réalisant les contrôles à l’introduction
  • Dans le cas de Tuberculose, il faut être vigilant si l’on achète des petites velles de remplacement (celles-ci ne peuvent pas être tuberculinées si elles ont moins de 6 semaines).

2 – Pour limiter le risque de voisinage

  • Essayer de supprimer tout contact entre troupeaux :
    • Mise en place des doubles clôtures
    • Éviter le contact de mufle à mufle (ex. : IBR, BVD > transmission par contact direct).
  • Surveiller la qualité de l’eau d’abreuvement :
    L’eau de mare ou de ruisseaux  peut représenter un risque de contamination pour les animaux. Une eau de mauvaise qualité sanitaire peut contenir de nombreuses bactéries (Salmonelles, agent de la paratuberculose, virus, parasites).

    • Proscrire tout abreuvement dans les mares et ruisseaux.
    • Prévoir l’aménagement de captage et de protection de la ressource et éventuellement si besoin, le traitement de l’eau.
  • Maîtrise sanitaire des effluents :
    Les mycobactéries (Paratuberculose et Tuberculose) et bactéries (fièvre Q) peuvent survivre plusieurs mois dans les fumiers. Au moment des épandages du fumier frais et par temps sec et venté, les aérosols peuvent transporter des germes sur plusieurs centaines de mètres et infecter par voie aérienne d’autres animaux.

    • Composter le fumier
      ou à défaut
    • Stocker le fumier sur une fumière (entourée d’une clôture électrique) et l’épandre uniquement sur des labours (proscrire l’épandage sur prairie ou zones de fauche).

3 – Pour les autres risques

Les visiteurs qui portent des bottes ou des vêtements de travail fraîchement souillés par un organisme infectieux peuvent propager des maladies d’un élevage à un autre élevage. Les oiseaux, les rongeurs, les animaux de compagnie, les personnes, le matériel et les véhicules doivent être considérés comme des vecteurs possibles de maladies.

  • Risque lié aux matériels en commun :
    • S’assurer du nettoyage et de la désinfection du matériel prêté ou emprunté en contact avec les animaux ou leurs déjections : bétaillère, système de contention, vêleuse, petit matériel de traitement, etc.
  • Risque lié a la circulation de personnes :
    • Mettre en place un pédiluve en renouvelant régulièrement le produit de désinfection.
    • Prévoir un jet et une brosse pour le lavage des bottes.
    • Prévoir des bottes, sur–bottes, blouses, pour les intervenants en contact direct avec les animaux (techniciens, vétérinaires, inséminateurs, négociants,…).
    • Sécuriser la circulation des véhicules extérieurs: ramassage d’animaux, camions de livraisons, équarrissage,…

4 – Pour limiter le risque faune sauvage.

Dans le cas du risque Tuberculose, certaines espèces sont sensibles à cette maladie. Elles peuvent créer un  réservoir sauvage, susceptible d’entretenir les germes de la maladie.

  • Sécuriser l’accès des silos d’ensilage, de céréales, ceci pour éviter les souillures des aliments par la faune sauvage (en particulier le blaireau).
  • Proscrire l’abreuvement à risque.
  • Signaler à la Fédération des chasseurs ou à la Fédération Départementale de Groupement de Défense des Organismes nuisibles, la présence de faune sauvage à proximité des bâtiments.
Dans tous les cas, la règle des 3 « D » doit être appliquée
  • Désinfection régulière des bâtiments d’élevage.
  • Dératisation avec pour objectif de limiter la population des rongeurs.
  • Désinsectisation des locaux car de nombreux insectes sont vecteurs de nombreux germes et donc de maladies (ex. : la mouche).

Pour cela, les GDS d’Aquitaine et FARAGO Sud-Ouest interviennent depuis de nombreuses années dans ces différents domaines. L’expertise technique apportée est soutenue par l’ensemble des GDS français et leurs filiales techniques au travers de notre réseau national FARAGO.

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